Comment dynamiser votre stratégie QVT en 2021 ?

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Cette année a bousculé les habitudes RH et les liens des équipes entre elles, car la majorité des salariés a passé plusieurs mois en télétravail depuis mars !

Les enjeux de Qualité de Vie au Travail – QVT – en ce moment sont un sujet clé ! Les salariés en télétravail peuvent développer des maux ou expérimenter des situations nouvelles qui génèrent du stress, mais aussi parce que l’énergie collective ne peut se construire que si chaque personne est investie.

C’est pourquoi, ce mois-ci nous réalisons une newsletter dédiée à la QVT : face à cette transformation profonde de nos modes de travail, comment augmenter l’engagement des salariés grâce à une stratégie QVT adaptée et efficace à distance ?

Nous sommes allés, baskets aux pieds et masque sur le nez, à la rencontre de Thomas Seigneur, fondateur de Allez Mon Grand qui nous explique son expérience et son parcours unique.

Bonjour Thomas, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous êtes devenu coach/entrepreneur ?
Je suis coach sportif depuis 20 ans et ostéopathe depuis 12 ans.
Parallèlement à ces deux formations initiales, comme je suis curieux, je voulais développer mes connaissances business : j’ai donc fait un master HEC en 2014 qui a donné lieu à la naissance de « Allez Mon Grand ».Avec Allez mon Grand, nous sommes un véritable outil de QVT pour les entreprises. Nous proposons des cours de gym, des cours collectifs et maintenant des formations préventives pour les salariés :
– une routine de posturologie avec des conseils de positions et des exercices éducatifs de renforcement musculaires légers,
– une routine de détente corporelle avec des étirements et du relâchement corporel,
– une routine d’échauffement pour les salariés qui sont sur le terrain, avec parfois des charges lourdes à porter et donc des occasions de se blesser plus fréquentes.

Depuis le confinement, nous faisons aussi des formations en ligne pour différentes entreprises.

Parallèlement à Allez Mon Grand, je suis aussi coach pour des particuliers et toujours ostéopathe, ce qui me fait de bonnes journées !

Quelles sont les problématiques rencontrées par les DRH qui vous sollicitent ?
Les besoins exprimés viennent des salariés qui sont souvent sous pression et/ou qui ont du mal à gérer un équilibre de vie pro/perso, notamment par faute de temps.

On s’aperçoit nettement que le fait de proposer des cours de sport sur le lieu et le temps de travail est très bien perçu par les salariés. Les DRH accordent de plus en plus d’importance à la qualité de vie au travail ainsi qu’au management participatif.

Les DRH avec lesquels je travaille ont, ou ont eu, besoin de développer la QVT avec une volonté farouche de mettre en place des actions win-win pour les salariés et l’entreprise. Aussi, mes interlocuteurs travaillent la QVT à travers le sport qui est selon eux très énergisant, ludique et donc très bien accueilli en interne. C’est une façon de fidéliser ainsi les talents, de les aider à mieux gérer le stress et de prévenir les maux liés au travail, sans parler de la bonne humeur diffusée !
De leur côté, les salariés voient tous les bénéfices que proposent les entreprises. C’est maintenant un critère de choix qui fait la différence pour un changement de poste.

De plus, avec le télétravail, prendre soin de ses collaborateurs, c’est essentiel. Différentes études montrent qu’une personne toujours à son écran et mal assise peut développer une perte de ses capacités respiratoires de 30%. Donc il ne s’agit pas de proposer seulement du sport, la QVT a aussi un rôle important pour la santé, c’est une façon ludique de prendre soin des salariés.

Et pour finir, il y a également un bénéfique social fort. Cela favorise la mixité entre des services qui ne sont pas amenés à travailler ensemble, et il faut le dire, ça casse les barrières hiérarchiques car les directeurs viennent faire de la gym avec tous les salariés !
En bref que de bénéfices, pour des coûts qui ne sont finalement pas si importants pour l’entreprise !

Selon vous, en ce moment, est-ce que ce sont des besoins provisoires ou vont-ils évoluer vers le long terme ?
Oui, il y a l’apparition de besoins provisoires, mais je pense qu’ils peuvent s’installer sur le long terme car même si on revient au bureau, on va garder des habitudes. Les activités commencées en ligne pendant le confinement vont perdurer, comme une option, en plus des activités en présentiel.

Nous faisons évoluer nos services en fonction des demandes, et finalement les salariés seront à même de gérer leurs nouveaux besoins quand nous reviendrons au bureau.

Avez-vous une formule gagnante qui marche pour toutes les entreprises ou est-ce vraiment du sur-mesure ?
Nous faisons du sur-mesure à partir de services existants : dans un premier temps nous identifions la typologie des équipes liée à leurs activités professionnelles. Par exemple : sont-ils assis devant un écran, sur le terrain ou utilisent-ils des machines de précision etc.

Ensuite, nous prenons en compte l’âge et le sexe des salariés, puis, en fonction des locaux et des équipements à disposition, s’il y a une salle de douche, nous proposerons des activités adaptées.

Par exemple, dans une entreprise où il y a beaucoup de jeunes, s’il y a des douches, on peut faire des activités très toniques, intenses. A l’inverse on va s’orienter vers du yoga ou du stretching quand on a une population plus variée avec des locaux sans salle de douche.
Chez un de nos clients, nous avons inventé un parcours sur-mesure qui n’existe pas ailleurs alliant activités et formation préventive grâce à mon expérience d’ostéopathe.

Comment pouvez-vous mesurer l’efficacité de vos actions au sein d’une entreprise ? Quels sont les critères à mesurer ?
Nous avons deux notations complémentaires :
– les salariés qui participent à nos cours peuvent noter le cours via un lien web envoyé après chaque séance. Ils notent entre 1 ou 5 étoiles de façon nominative.
– ensuite nous sommes évalués par le client chaque trimestre, c’est-à-dire par l’équipe RH.

Pour nous, c’est vraiment la satisfaction des salariés qui compte, il faut des bons profs et des bons cours.

Vos services s’adressent-ils plutôt à des grandes entreprises ?
Parmi nos clients, nous avons des TPE, des PME et des grandes entreprises, toutes les entreprises ont besoin de ce type de services.

Cette crise a-t-elle eu un impact sur votre activité ? A-t-elle favorisé une prise de conscience chez les DRH et dirigeants de devoir cajoler leurs salariés ?
Au début nous étions un peu tremblants et en fait, de nouvelles entreprises viennent vers nous depuis le confinement, donc cela a vraiment boosté notre activité.
Le télétravail, c’est nerveusement épuisant. Les salariés ont besoin d’un sas de décompression et les DRH ont besoin de recréer du lien avec les équipes.
En revanche, il ne faut pas que les cours en ligne deviennent la norme !

D’après vos observations, à quoi aspirent les salariés en cette fin d’année 2020 ?
Justement, pour la plupart, c’est vraiment le retour au bureau. Les gens ont envie de ça, de revoir les collègues, au moins entre 1 et 3 jours par semaine. Un nouvel équilibre va se créer.

Pour finir Thomas, quel(s) conseil(s) ou exercice(s) donneriez-vous à nos lecteurs pour télétravailler sereinement ?
Il est important de faire des pauses, fréquentes et courtes afin de ne pas rester fixé face à son écran, donc on se lève, on s’étire et on regarde au loin !
Il faut éviter les positions asymétriques et alterner les positions pour améliorer la circulation sanguine
Il faut se lever régulièrement, on peut se mettre des alarmes sur le téléphone pour ne pas oublier.
Il faut défatiguer les yeux, retrouver un nombre de battement de cil normal car les yeux se déshydratent vite face à l’écran.
Et enfin, boire beaucoup d’eau.
Pensez à Sapiens, il était chasseur-cueilleur et faisait en moyenne 40 km par jour, maintenant nous sommes derrière notre écran toute la journée, mais notre corps n’est pas fait pour ça, il faut donc bouger !

Alexis Michau

Associé